Mercredi 25 novembre 2009 3 25 /11 /Nov /2009 15:20

Tashi dile ( Bonjour en tibetain),

Et oui, nous sommes partis pour 8 jours a travers le Tibet de l'Est vers Lhassa. Plus exactement de Sangri-La vers Lhassa.

 
Nous commencons par faire  tourner les moulins a prieres (chacun ses prieres); ce n'est qu'un debut, mais sur le plus grand moulin a prieres du monde  !!!



Notre equipage se compose d'un chauffeur chinois qui ne parle pas un mot
d'anglais mais qui s'averera efficace, d’un jeune guide tibetain originaire de Lhassa qui  baragouine quelques mots d’anglais et qui nous comprend…, enfin pas toujours, ce qui ne va pas nous faciliter la vie, et nous deux  a l’arriere de la voiture. Nous roulons 6 a 8 heures par jour au debut du voyage car nous avons 1.800 km a parcourir pour rejoindre Lhassa. La route, souvent plutot une piste, est toute en lacets pratiquement jusqu'a l'arrivee.


Nous sommes tous les jours entre 3.000 et 5.000 m d’altitude.












L’un des passages que nous avons franchi repondait a la question de savoir comment perdre 1.500 m d’altitude en 180 epingles a cheveux. We did it !




Heureusement, nous avons pris de l’altitude  progressivement la semaine derniere car le risque d’avoir le mal des montagnes n’est jamais exclu.

Avis aux amateurs : Les bracelets d’accupuncture  sont tres efficaces contre le mal de coeur en voiture, toujours possible pour Pat.


Nous traversons des paysages somptueux et austeres, des
etendues denudees, des gorges aux pentes abruptes (mekong, Salouen et Brahmapoutre) parfois noyees dans la vegetation, hauts plateaux balayes par un vent froid, monateres ou lacs perdus.



















































Les paysages sont a couper le souffle.























Chaque jour amene un monde different.

Le premier jour, vue sur le Kawagebo, la plus haute montagne du Yunnan, ce sommet sacre culmine a 6.740 m. Pour les tibetains, il (elle) est feminin(e), compte tenu de la calotte de nuages en forme de chevelure feminine  qui le (la) coiffe en permanence. Il (ou elle)est flanque(e) du glacier Mingyang qui devale ses flancs en direction des gorges du haut Mekong.













Le lendemain, plateaux desertiques creuses de gorges ou coulent des quantites de rivieres, poussent des forets de sapins magnifiques, brillent des lacs de haute montagne d’un vert celadon.














Les habitations tibetaines sont assez dispersees et sont peintes de jolies couleurs. Chaque maison est une maison a cour fermee.














Et les Tibetains ? De charmantes personnes tres accueillantes et chaleureuses, au sourire craquant. Nous avons tres peu de contacts, sauf pendant les haltes.














Nos journees commencent vers 9 h/10 h après un petit dejeuner local (soupe de nouilles, the sale au beurre de yack (un peu-beaucoup difficile a digerer), de petites galettes et de la “tsampa” (farine d’orge grille mélangee a la main avec du fromage et du lait de yack – base (crue) de l’alimentation tibetaine). La tsampa se mange avec les mains et est absolument delicieuse. Concernant le gout, pour les bretons (du finistere-nord, attention !) qui connaissent le "kig ha farz",  la tsampa a, a peu de choses pres, le meme gout et tient bien au corps egalement.
 
Pat au petit dejeuner mangeant des Knakies (et oui Titouan) avec des baguettes


Nous roulons jusqu’a 13 heures et nous dejeunons dans des auberges tibetaines ou chinoises d’une soupe et de riz, puis nous reprenons la route jusqu’a 18h.

Nous descendons dans de petits hotels locaux soit tibetains soit chinois. La piece principale (restaurant) est chauffee par un poele a bois tibetain qui ressemble a nos cuisinieres d’autrefois. Dans les autres pieces il n’y a pas de chauffage. Pat redecouvre a l'occasion les couvertures chauffantes de son enfance. La premiere nuit nous avons dormi habilles puis les nuits suivantes nous avons commence a enlever quelques couches… Ce que c’est confortable le chauffage ! Lorsqu’ on en est prive on se rend compte du bien-etre que cela procure.

Nous sommes partis depuis 5 jours et nous commencons serieusement a ressembler aux gens d’ici : teint rouge, douches aleatoires (faute de salle de bains ou d’eau chaude).



Depuis 3 jours nous rencontrons sur la route des “pelerins rampants”, ces gens qui parcourent entre 2.000 et 4.000 km. Ils se  prosternent sur la chaussee, puis font 2 pas, mains jointes protégées par des sortes de battoirs. Ils se rendent a Lhassa. 













Avec Jacques, nous sommes ahuris de voir ces gens sur la route, indifferents a la circulation, c’est absolument incroyable.
Ils mettent entre 1 et 2 ans selon la region d’ou ils sont partis. L’un d’entre eux suit ou precede avec une petite cariole dans laquelle leurs affaires sont entreposees. Il prepare le feu du soir et monte la tente (de fortune) pour tout le monde au bord de la route.

D’autres pelerins vont en marchant, dans les memes conditions, avec le meme but.


Quelle foi, quelle implication dans leur croyance !!!

Dixit Regis Debray : “La religion n’est plus opium du peuple, mais la vitamine du faible” (citation emprumtee au guide du routard). Pensee de philosophe athee, vision strictement socio-politique. L’evidence de leur foi profonde est ici visible a qui veut bien ouvrir les yeux. Ces gens ne sont pas faibles, ils sont.

A cote des villages tibetains que nous traversons s’elevent des villes nouvelles, chinoises. Les routes sont partout en construction, les tracteurs flambant neufs apparaissent a chaque virage. Nous avons tous entendu parler de la ligne de chemin de fer, la plus haute du monde, qui va de Golmud a Lhassa. Inauguree en 2006, c’est une veritable prouesse technique .
Le progres est en marche ici, et a quelle allure ! Le Tibet part de loin. Les investissements sont enormes, les interets economiques et strategiques aussi. A quel cout financier pour l’etat, a quel cout humain et culturel pour les tibetains ?























Le Tibet est immense, magnifique, si varie. Nous nous felicitons de la periode choisie pour le decouvrir (si partiellement). L’automne commence ici. Les saules, nombreux, ont pris une couleur d’or, les boulots rivalisent avec eux. Aujourd’hui nous avons ete contempler une foret de cypres anciens. L’arbre le plus age est credite de 2.600 ans !























Le debut de notre periple nous a permis de remonter fleuves, rivieres et torrents filant vers le sud. Depuis hier, les cours d’eau filent vers l’ouest pour arroser l’Inde, plus loin, au sud.

Les paysages sont si changeants selon l’altitude, l’orientation des vallees et des gorges (profondes, les gorges). Les photos rendent bien mal l’etendue des hauts plateaux, la hauteur des montagnes, la fureur des torrents, la beaute ahurissante de cette region, ce ” toit du monde”.



























Pour nos amis qui nous lisent, un seul voeux possible : qu’ils voient un jour et le plus rapidement possible ce Tibet saisissant de beaute brute et sauvage … et de charme.

 



Nous voici arrives a Lhassa. Depaysement total.

LHASSA - "LA CITEE INTERDITE"

 


Apres avoir parcouru une longue vallee peu ensoleillee et un grand plateau quasiment desertique, nous traversons rapidement la ville chinoise qui s’etale autour de l’ancienne ville de Lhassa.













Au pied du Potala, la vieille ville a ete entiierement rasee et remplacee par une grande place faite sur le modele de la place TIAN ' ANMEN.
Il y a aussi un joli parc avec de tres beaux arbres.

Arrivee a notre petit hotel, ancien consulat du Nepal, decore de jolis meubles tibetains. Le personnel est accueillant et tres attentionne. Notre chambre est situee entre deux petits jardins interieurs. A peine nos sacs a dos poses, nous partons a la decouverte du “Benares des montagnes”.
























Nous traversons le quartier musulman, proche de notre hotel, et rejoignons le coeur de la vielle ville. Pose dejeuner dans une charmante maison tibetaine a la surprenante couleur ocre-jaune.L’endroit est douillet et chaleureux. L’emplacement est strategique pour observer la foule bigarree des pelerins qui deambulent dans la ville : ce sera notre QG (pour la situation et aussi parce que c’est le seul endroit ou il y ait du chauffage).














La ville est pleine de pelerins qui viennent ici une fois dans leur vie pour se receuillir et prier devant le bouddha "jowo", devant le temple Jokhang.















Je vous laisse decouvrir nos photos de pelerins sur l'album.... Minutes de silence....







L’anecdote de la semaine :

 Nous avons attendu le dernier jour pour visiter le Potola de l’interieur car Jacques avait du mal a respirer a cause de l’altitude (et des cigarettes). Comme il fallait monter de longues volees d'escaliers, nous avons attendu quelques jours afin qu'il s'acclimate. Erreur !!!
  ...

... entre temps notre banque avait une nouvelle fois bloque nos cartes de credit "par mesure de securite" (c’est la 3eme fois !) Ah,ces banquiers !Resultat, plus un sou en poche, ni pour manger, ni pour acheter les billets pour la visite du Potola. C’est tout de meme insense de faire tout ce voyage et de ne pas pouvoir visiter le lieu le plus renomme. Qu'a cela ne tienne, nous reviendrons  ! .. .

Il vaut mieux en rire qu’en pleurer…. Quoique….

ou alors :

Et alors que l'on vient d'en rire, il faudrait en pleurer.

Au choix. 



Retour en avion au dessus de l'himalaya.... Nous volons a 7 500 m et les sommets sont a 6 000 m.... On pourrait presque les toucher. MAGNIFIQUE !!! 


Deuxieme anecdote de la semaine :

Quand nous avons embarque a l'aeroport de Lhassa ils nous ont enregistres jusqu'a Kumming (notre destination). Quand l'avion a aterri, nous sommes descendus, pris nos bagages et partis prendre un taxi. Le malheureux chauffeur de taxi ne voyait pas ou etait notre hotel..... au bout de 30 minutes de discussion nous nous sommes rendus compte que nous n'etions pas dans la bonne ville, mais dans une ville au centre de la Chine. Heureusement Jacques aussitot m'a dit "il devait y avoir une escale et personne ne nous a informes". Effectivement c'etait une escale et nous etions enregistres pour la suite sauf que le nom de Jacques "MEVEL" n'etait pas ecrit avec un M mais avec un W. Refus obstine des autorites pour nous faire monter dans l'avion. Obligation de racheter un autre billet avec le nom correctement orthographie.
Nous avons donc rachete un autre billet d'avion et sommes arrives a bon port. Creves....  


...et les moulins a prieres tournent toujours. 


 

 

 

Par Patricia et Jacques - Publié dans : TIBET
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